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 Le crématorium de Biganos est très attendu

 

Situé sur la zone commerciale, il va être inauguré le 22 mai et permettre jusqu’à 900 crémations chaque année.
Un équipement qui sera utilisé bien au-delà du Bassin .

La terre du cimetière était gorgée d’eau. Un jour d’hiver en allant voir la tombe de son père,  Le maire de Biganos, Bruno Lafon, a été saisi par ce triste spectacle. Cette idée est venue naturellement ce matin gris : la réponse est peut-être la crémation. « Je n’y connaissais rien. Je m’y suis intéressé. Et j’ai découvert que les familles le demandaient de plus en plus, et qu’en Gironde, les crématoriums existants étaient saturés et éloignés du Bassin », raconte t-il.

Montussan et Mérignac atteignent effectivement le maximum de leurs capacités, avec un peu plus de 5 000 crémations par an pour les deux sites (lire ci-dessous). Con- séquence : l’attente est longue pour les familles. Elle dépasse souvent les six jours après le décès, limite maximum fixée par la loi avant d’enterrer ou incinérer un défunt. Entre ce projet du maire de Biganos né un beau jour dans la boue d’un cimetière et sa réalisation concrète, dix ans se sont pourtant écoulés.

 

 

La vue du futur crématorium qui est déjà recouvert de sa carapace de bois et il y a quelques jours,
ne visite de chantier avec au centre le maire de Biganos, Bruno Lafon.

Une longue bataille

Le crématorium de Biganos sera inauguré le 22 mai prochain. Il est déjà très avancé. Ses courbes élégantes et sa carapace de lames de pin conçues par l’architecte Ugo de Marco sont désormais une réalité sur ce terrain à la limite de la zone d’activités de la Cassadotte et d’un coin de nature. Rien ne perturbe le regard.« On a voulu l’intégrer dans le site, faire quelque chose d’harmonieux », ajoute Bruno Lafon. Il va permettre de 500 à 900 crémation chaque année, et limiter évidement l’attente et les déplacement difficiles à vivre pour les familles endeuillées du Bassin et du val de l’Eyre . Les Habitants du nord des landes, en fort développement démographique, devraient aussi l’utiliser.
Pourtant, la bataille du maire de Biganos pour ce projet n’avait rien de gagné au départ. Car crématoriums et riverains ne font pas bon ménage. Personne n’a en fait envie d’en avoir un près de chez lui. Tous les projets sont donc systématiquement attaqués. Celui de Biganos n’a pas échappé à la règle. Il devait au départ se trouver à la sortie de la commune en allant vers Marcheprime, au lieu-dit Ninèche, à proximité de l’air de passage des gens du voyage. La fronde des riverains  s’est concentrée sur la loi Littoral et les pollutions réelles ou imaginaires des fumées du crématorium.
La ténacité des opposants et les contraintes administratives ont fini par avoir raison du projet.

 

Traitement des fumées

« On aurait pu tout arrêter. Mais je suis têtu. On a trouvé un autre terrain dans la zone d’activités. » Bruno Lafon jette son dévolu sur ce coin plus proche de l’autoroute et donc facile d’accès.
Le crématorium renaît de ses cendres, mais l’affaire est loin d’être bouclée. Qu’on en juge : proximité avec une zone humide sensible, construction sur une nappe de faible profondeur particulièrement sensible aux pollutions, le risque d’inondation du site, risque incendie dans cette zone proche de la forêt, risque de perturbation de la faune, et à nouveau rejet unanime des citoyens concernés.

Bruno Lafon a balayé tous ses obstacles, parvenant à convaincre le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques et le préfet de l’époque. Le crématorium est maintenant presque là. Ce bâtiment à ossature bois sera divisé en deux zones : l’une ouverte au public et l’autre pour la crémation. La réglementation impose le traitement des fumées avant rejet et aucune cheminée ne sera d’ailleurs visible. Les cendres pourront être dispersées dans un jardin du souvenir.

C’est l’entreprise basque Etchart de Bayonne qui a obtenu la délégation de service public pour la construction et la gestion du lieu, sur un terrain de la Ville. La société ne manque pas d’expérience puis qu’elle s’occupe déjà du crématorium de Biarritz. Elle versera tous les ans à la commune une redevance en échange de cette délégation.

 

Jeudi 28 mars 2019    Olivier Delhoumeau  pour SUD OUEST Gironde

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